STEVE SUARD

Un leader, une vision, des résultats.

À plus de 50 ans ma nouvelle passion le body board et la mer

À plus de cinquante ans, une nouvelle passion est venue raviver en moi des souvenirs enfouis : le bodyboard. Étrange sensation que celle de redécouvrir, à cet âge, un frisson que j’avais déjà connu bien des décennies plus tôt. Tout remonte à ma jeunesse, lorsque je posai pour la première fois mes pieds sur une planche, à Hawaii, sur les vagues légendaires de Waikiki.

Au départ, je m’étais essayé au surf. Mais je dois bien l’avouer : je n’ai jamais eu l’équilibre nécessaire, et sans doute pas la patience d’apprendre à me tenir debout. Il y avait en moi cette envie d’aller chercher les vagues, de sentir leur puissance, sans pour autant me contraindre à cette posture verticale qui ne me convenait pas. C’est alors que je découvris une alternative, plus accessible et pourtant tout aussi grisante : le bodyboard, que l’on appelait à l’époque le « Boogie ». Dès la première glisse, ce fut une évidence : cette planche-là était faite pour moi. J’avais trouvé mon style, ma manière d’embrasser l’océan.

Des années plus tard, alors que la mer n’était plus qu’un souvenir lointain, je me surprenais à errer dans les boutiques de surf à Paris. Drôle d’endroit pour un passionné de vagues ! Les vitrines exhibaient des marques mythiques, des planches aux couleurs éclatantes, des autocollants, des vêtements… Tout un univers qui me fascinait. Peut-être était-ce un simple effet de mode, une manière d’afficher une allure « cool » en plein cœur de la capitale. Quoi qu’il en soit, j’adoptais parfois ce style de surfeur urbain, sillonnant les rues en roller, en quête d’un petit air de liberté. La jeunesse, dans toute son insouciance.

Puis vint une autre période de ma vie : l’armée de l’air. En poste du côté d’Aix-en-Provence, mes permissions me conduisaient souvent à Marseille. Là-bas, je découvris une petite boutique spécialisée où j’achetai mon premier véritable Morey Boogie, un modèle jaune éclatant de la série MACH – un classique, toujours vendu aujourd’hui. Je me souviens encore du bonheur simple d’aller surfer les vagues du Prado, sur le spot de l’Huveaune que les locaux surnommaient « l’Épluchures ». Ces moments d’été, passés à glisser sur l’eau, sont gravés dans ma mémoire comme des parenthèses lumineuses.

Les décennies ont passé. La vie m’a emporté vers d’autres horizons. Et puis, à cinquante-six ans, sur la côte est de Tahiti, j’ai renoué avec cette passion. Cette fois-ci, armé d’un Morey Mach 11 jaune et de palmes, j’ai retrouvé cette sensation unique : celle de flotter entre ciel et mer, de me laisser porter par les vagues comme par un souffle venu d’ailleurs. C’est plus qu’un sport : c’est une expérience de liberté pure. Chaque vague devient un instant de jeu et d’extase, une rencontre entre mon corps et la nature. Je m’essaie parfois à quelques figures, je nage, je bronze, je laisse la vitamine D envahir ma peau. Et surtout, je savoure.

Sur le spot, j’ai même rencontré un ami avec qui partager ces sessions. Le plaisir en est décuplé : échanger quelques mots entre deux vagues, rire d’une chute, s’encourager mutuellement. Et quand la mer se fait calme, je ne m’ennuie jamais : je me ressource. La simple présence de l’océan a pour moi une force presque spirituelle. Je pratique parfois le Ho’oponopono, cet art hawaïen ancestral de guérison : je récite des mantras, je me laisse flotter, porté par une eau tiède et bienveillante. C’est une purification, une méditation. Seul dans cet espace intime, je retrouve la sérénité et parfois même l’inspiration pour mes projets.

Nager fait aussi partie du plaisir : sentir ses poumons travailler, son souffle s’affermir, son corps se renforcer naturellement. Et puis marcher pieds nus sur le sable chaud… Ce contact simple me rappelle à quel point nous faisons partie intégrante de la nature.

Vivre sur une île est un privilège : le climat doux toute l’année, la mer jamais très loin, la possibilité d’y plonger quand l’envie s’en fait sentir… C’est un luxe qui ne coûte presque rien, contrairement à une piscine qu’il faut entretenir, chlorer, investir financièrement. Ici, tout est authentique.

Je dois l’avouer : je préfère mille fois la nage en mer et le bodyboard aux salles de sport. Pourtant, par commodité, je fréquente aussi la salle de musculation : le travail, l’emploi du temps, la proximité des salles m’y poussent. Mais dans mon cœur, rien n’égale le frisson d’une vague, l’odeur du sel et le goût d’embruns sur mes lèvres. C’est là que je me sens vivant.