STEVE SUARD

Un leader, une vision, des résultats.

Pourquoi j’ai quitté les réseaux sociaux

Pendant des années, comme la grande majorité des gens, j’ai fait partie intégrante des réseaux sociaux : Facebook, TikTok, Instagram, et bien d’autres encore. Ils faisaient partie de mon quotidien, presque automatiquement. On se connecte sans y penser, on scrolle, on regarde, on partage… et les minutes deviennent des heures. Pendant longtemps, je n’y ai rien vu d’anormal. Après tout, tout le monde faisait la même chose.

Puis, au fil du temps, j’ai commencé à ressentir une certaine fatigue mentale. Une impression de gaspillage d’énergie, comme si mon attention était constamment sollicitée par des contenus certes attrayants, mais pour la plupart sans réel apport intellectuel ou personnel. Beaucoup d’informations, très peu de profondeur. Beaucoup de stimulation, peu de réflexion.

Le véritable déclic est survenu un jour presque banal. En allant chez le médecin, j’avais oublié mon smartphone. Dans la salle d’attente, quatre personnes étaient présentes, jeunes ou très âgées, peu importe l’âge finalement. Toutes étaient littéralement scotchées à leur téléphone. Elles faisaient défiler les publications à toute vitesse, sans même vraiment les lire. De temps en temps, elles s’arrêtaient deux ou trois secondes sur une image ou un texte, puis repartaient aussitôt dans un défilement compulsif. Cela a duré tout le temps de l’attente, entre cinq et quinze minutes.

Cette scène m’a profondément marqué. C’était une vision presque aberrante. Je me suis dit : « Je ne veux pas devenir comme ça ». Et pourtant, j’ai aussitôt réalisé que si j’avais eu mon smartphone sur moi, j’aurais très probablement agi exactement de la même manière. Comme un mouton, sans m’en rendre compte. Cette prise de conscience a été brutale, mais nécessaire.

À partir de là, j’ai commencé à réfléchir sérieusement à ma relation avec les réseaux sociaux. Tout ce temps passé à consommer de l’information — ou plutôt de l’infox, du superficiel — ou à exposer sa vie privée : ce que l’on mange, où l’on va, ce que l’on fait. Des publications qui, dans la majorité des cas, n’intéressent personne. Pire encore, elles peuvent susciter l’envie, la comparaison, et banaliser une vie privée qui devrait rester intime.

J’ai alors décidé de tenter l’expérience : me déconnecter. Le plus difficile, étonnamment, n’a pas été de suspendre mes comptes ou de supprimer les applications. Le véritable problème venait du contexte dans lequel je vis. En Polynésie, absolument tout ou presque passe par Facebook : les informations locales, les offres commerciales, les événements, les annonces. Beaucoup de commerces n’ont même pas de site internet et ne communiquent que via Facebook. Se couper de ce réseau, c’est presque accepter de ne plus être informé de ce qui se passe autour de soi sur le plan commercial.

Malgré cela, j’ai franchi le pas. J’ai annoncé que je conserverais uniquement Messenger pour rester joignable par mes contacts importants. De manière très ponctuelle, j’utilise aussi le compte professionnel Facebook de mon entreprise lorsque je recherche une offre spécifique ou une information commerciale précise. Mais en dehors de cela, plus de Facebook personnel, plus de TikTok, plus d’Instagram.

Après plusieurs mois sans ces réseaux, le constat est clair et sans appel. Je ne ressens aucun manque. Je n’ai rien à prouver en postant ce que je mange, où je vais ou ce que je fais. Je me sens plus productif, plus concentré, et surtout beaucoup moins abruti par un défilement de publications inutiles à 95 % du temps.

Le temps que je passais auparavant à scroller, je l’utilise désormais autrement : brainstorming, organisation, planification, réflexion sur mes futurs projets. Tout est noté dans un petit carnet, simple mais efficace. Mon smartphone n’est plus un outil de distraction permanente. Je l’utilise principalement pour YouTube, afin de regarder des tutoriels, des avis produits, des recettes de cuisine ou du contenu éducatif. J’utilise aussi les emails, les messages essentiels, et Blinkist pour écouter des livres audio courts et enrichir mes connaissances.

Et surtout, mon smartphone est rarement avec moi. J’ai fait un choix radical mais libérateur : j’ai acheté un téléphone à clapet. Petit, léger, et qui sert uniquement à téléphoner. Pas de notifications inutiles, pas de tentations permanentes. Juste l’essentiel.

Aujourd’hui, je peux le dire sans hésitation : quitter les réseaux sociaux a été l’une des meilleures décisions que j’ai prises pour ma clarté mentale, ma productivité et ma liberté personnelle.