STEVE SUARD

Un leader, une vision, des résultats.

J’ai testé pour vous 1 mois de fitness à la maison

Ces dernières semaines, j’ai eu l’occasion de tester le télétravail. Une expérience nouvelle qui, comme toute nouveauté, m’a poussé à remettre en question certains aspects de mon quotidien. Dans cette même dynamique, j’ai voulu adapter ma pratique sportive. L’idée m’est venue naturellement : pourquoi ne pas tenter, moi aussi, le fitness à la maison ? Après tout, l’emploi du temps que m’imposaient mes journées de travail et les contraintes du déplacement vers la salle rendaient ma routine habituelle de musculation difficilement tenable.

Je dois dire que cette situation ne m’était pas totalement étrangère. Je m’étais déjà confronté à un dilemme similaire il y a des décennies, lorsque j’avais pris la décision de me construire un véritable home gym. À l’époque, j’avais consacré une pièce entière de ma maison à cette passion. J’y avais installé un équipement complet : un multi-poste d’entraînement ingénieusement conçu, où chaque côté offrait une fonctionnalité distincte pour cibler des muscles spécifiques. Les poulies permettaient des tractions fluides et variées, les haltères s’y combinaient avec un banc de musculation robuste. C’était un sanctuaire personnel, un lieu où la discipline et la performance se mêlaient à une forme de plaisir presque méditatif — qui n’a pas non plus été concluant dans le temps, ce qui m’a valu sa revente.

Avec ce souvenir en tête, j’ai voulu retrouver cette simplicité en recréant, à une échelle plus modeste, une version de ce passé. Cette fois-ci, l’espace me manquait, et le matériel se résumait à une paire d’haltères et des sangles TRX que j’utilisais habituellement le week-end. Mais je m’étais persuadé que ce serait suffisant pour entretenir ma condition physique et raffermir mes muscles.

Chaque matin, je commençais par ma marche quotidienne : quarante-cinq minutes sur le tapis roulant, un rituel presque méditatif qui me permettait d’éveiller mon corps en douceur. Ensuite, je m’attaquais à un programme simple mais complet, adapté à mon âge et à mes besoins. Je savais combien il était crucial, passé un certain cap, de ne pas se laisser aller.

Le programme était structuré avec soin :

  • Trois séries de quinze pompes pour solliciter le haut du corps.
  • Trois séries de quinze flexions des biceps avec mes haltères.
  • Des exercices pour les triceps et les bras dans leur ensemble, en utilisant les sangles TRX.
  • Des tractions ciblant le dos, toujours sur le même schéma de séries.
  • Enfin, une séquence de trente abdominaux, relevés de buste au sol, pour renforcer la ceinture abdominale.

Sur le papier, le plan paraissait parfait. Dans les faits, après un mois d’essai, j’ai dû me rendre à l’évidence : ma discipline avait fait défaut. Seule la marche quotidienne sur tapis résistait à ma paresse matinale. Les séances de renforcement musculaire, elles, se limitaient péniblement à deux ou trois fois par semaine. J’ai vite compris que ce n’était pas le temps qui me manquait, mais bien la rigueur. Une vérité que j’ai d’abord tenté de masquer derrière l’excuse commode d’un emploi du temps chargé.

Je repensais alors à la salle de sport. Malgré son abonnement coûteux, elle avait une force que ma petite pièce ne posséderait jamais : un cadre. Là-bas, j’étais immergé dans une ambiance rythmée par la musique, l’énergie collective et cette étrange obligation que l’on se crée soi-même en se fixant des horaires réguliers. Cette coupure dans la journée, au milieu des heures de travail, agissait comme une respiration : on en sortait lessivé mais étrangement revitalisé, prêt à replonger dans ses tâches avec une motivation renouvelée.

Pourtant, la salle que je fréquentais n’était pas exempte de défauts. Située à cinq minutes à pied de mon bureau, elle possédait un avantage logistique indéniable, mais son état laissait franchement à désirer. Les machines semblaient figées dans un temps révolu : mal entretenues, souvent en panne, rarement réparées. L’hygiène, quant à elle, était plus que discutable. Mais, par manque d’alternatives et surtout pour des raisons pratiques, je fermais les yeux.

Le bilan de mon expérience maison fut sans appel. Faute de régularité, mon poids avait légèrement augmenté et ma masse musculaire s’était relâchée, perdant de sa définition. Un constat amer, mais nécessaire. J’ai donc pris une décision : dès ce mois d’août, je retournerai à la salle, déterminé à reprendre le chemin de la rigueur et à profiter de l’équipement complet qui s’y trouve. Certes, la reprise sera difficile ; mon corps protestera, mes muscles se rappelleront à moi par des courbatures tenaces. Mais je sais aussi qu’au fil des semaines, cette douleur s’effacera, laissant place à une vitalité retrouvée — peut-être même un éclat de jeunesse que je croyais perdu.

Tout comme pour le télétravail que j’avais expérimenté, ce test du sport à domicile m’a enseigné une chose : certaines pratiques, aussi séduisantes soient-elles en théorie, ne me conviennent pas. J’ai besoin de ce cadre extérieur, de cette frontière claire entre ma vie personnelle et mon entraînement. Et c’est ainsi, paradoxalement, que je retrouve la motivation : en franchissant les portes de cette salle imparfaite, mais salvatrice.